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Vous aussi êtes passionnés par ces antiquités à deux roues d'autrefois : vélosolex, vélovap, bima, motobecane, bicyclettes à moteur auxiliaire (BMA), si vous êtes possesseur d'une de ces merveilles, si vous voulez les montrer, en parler, partager vos savoirs, si vous avez des problèmes, ou des trucs concernant leurs restaurations ...venez rejoindre notre petit groupe, juste pour échanger, partager, sans se prendre la tête.
A bientôt ?

L'Esprit Solex

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L'Esprit Solex

Message  Admin le Mer 16 Jan - 8:28

L'Esprit solex, c'est un retour en arrière, quand il n'y avait sur nos routes qu'une rare voiture pour dix ou quinze aujourd'hui, qui roulaient à 60km/h, quand la technologie obligeait à prendre son temps, à se dire bonjour quand on se croisait, en se respectant les uns les autres. Une époque où les masses ouvrières allaient travailler en vélo ou au guidon d'engins sagement motorisés qui n'étaient pas encore les engins de collection d'aujourd'hui, mais bel et bien des outils de labeurs et de locomotion, parfois longues distances, d'ouvriers, étudiants, curés. Une époque où on arrivait au soir aussi vite qu'aujourd'hui, mais en étant bien moins stressés, moins énervés, moins exigeants aussi.

Ce support se voudrait être le rendez-vous des amateurs de ces engins, des anciens qui y ont passé des tranches de vie et usé quelques fonds de culottes, mais aussi de leurs semblables et contemporains, qui aiment à redonner vie à ces antiquités dénichées au fond des granges et des greniers, de tous ceux qui ont à raconter ou aux néophytes qui ont envie de comprendre pourquoi c'était comme ça, pour quelles raisons on s'en contentait, comment on les entretenait modestement, ... bref : de tous ceux qui ont envie de revivre l'épopée et le véritable état d'esprit d'un moyen de transport quotidien, avant qu'il devienne une mode de collectionneurs.

Je tiens à préciser qu'ici il n'y a pas de restrictions de langage, même pas de règlement : on est grands et capables de vivre humblement en bonne entente ou pas, on est capable d'admettre qu'il n'y a pas que la ligne d'un chef qui doive subsister, on est capable de se respecter comme des grandes personnes quelles que soient les idées de chacun : bannissons la pensée unique et respectons-nous dans la bonne humeur et l'humour.


Dernière édition par Admin le Jeu 21 Mai - 22:23, édité 7 fois

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Message  Admin le Ven 5 Avr - 9:58

Un petit retour en arrière pourrait aider les jeunes générations à comprendre l'état d'esprit 'Solex'.
Dans les années 60, après quelques dures années pour remettre le pays en état après des conflits meurtriers et destructeurs, essayons de donner une image du pays que beaucoup ont du mal à imaginer.
Il n'y a pas très longtemps que la 'fée électricité' à fini de gagner les campagnes : oubliez donc le tout électrique d'aujourd'hui et regardez ce qu'il en est dans la plupart des foyers : quelques rares ampoules blafardes aux plafonds, au mieux un 'frigidaire', et c'est tout.
Dans les rues : oubliez 90% du trafic automobile actuel mais imaginez les rues quasi désertes que vous voyez sur les cartes postales anciennes
En 1960 on dénombre à peine plus de 4 millions de voitures sur les routes, 10 fois moins qu'aujourd'hui.
Par contre, à la même époque, Solex a déjà vendu 2 millions de vélosolex, et l'ensemble de ses concurrents doit en avoir vendu à peu près autant.
Imaginez-vous donc qu'à l'époque, solex, mobylettes et vélos sont plus nombreux sur la voie publique que l'ensemble des automobiles : ça relativise de beaucoup l'état d'esprit général : le piéton est roi, suivi du deux-roues, et la voiture respecte tout ce petit monde en bonne entente et dans le respect qui anime les populations de l'époque : on est pas en conflit permanent comme aujourd'hui mais on se respecte. C'est une époque où l'on voit encore les messieurs chapeautés retirer leur chapeau pour saluer les dames.

A cette époque, le solex n'est rien d'autre qu'un vélo à moteur : on peut enfin faire de plus longs trajets en fatiguant moins : difficile d'imaginer pour qui n'a connu que la génération tout automobile actuelle.
Parce qu'il faut bien se remémorer le contexte : il y a sur les routes à peu près 130 automobiles pour 1000 habitants (13% à comparer  aux 90% actuels) :
- 1/3 des familles les plus riches disposent d'une voiture,
- 1/3 des autres ménages disposent d'un 'vélomoteur',
- le dernier tiers continue de marcher à pied et se partager les transports en communs forts développés à l'époque.

Une tranche de vie de la famille : les départs en vacances.
Nous avions la chance d'avoir nos grands-parents vivants en Bretagne au bord de la mer. Depuis notre banlieue parisienne, les départs en vacances étaient une véritable expédition.
Les bagages étaient faits pour au moins un mois complet, deux pour les enfants. Le jour J, tout le monde prenait le bus direction la gare Montparnasse. C'était encore l'époque de mes autobus préférés : les autobus à plateforme de ma prime jeunesse dont je garderais toujours la nostalgie je crois.
 
Arrivés à la gare, restait à trouver les places réservées dans le train. Mais plus que tout, mes souvenirs de gamin concernent les monstres qui me faisaient peur autant que les dragons : ces énormes locomotives à vapeur, noires et sombres, fumant et crachant fumées et vapeurs, aux roues deux fois plus grandes que moi : qu'est-ce que j'étais content quand on dépassait enfin ces monstres pour monter dans les voitures à compartiments aux grosses banquettes de moleskine et armatures de bois verni.
Evidemment on était partis de la maison suffisamment tôt pour ne pas risquer de rater le train. Et quand enfin mon père montait les bagages dans les filets et qu'on s'installaient à nos places, ça faisait déjà un bon moment qu'on avait quitté la maison. Ne restait qu'à attendre le coup de sifflet qui allait donner l'ordre au train de s'ébranler dans un nuage de fumée, et c'était parti pour des heures de trajet : Paris Chartres une heure et une dizaine de minutes d'arrêt. Chartres Nogent-le rotrou puis Le Mans, presque une heure et demie et un bon quart d'heure d'arrêt pour changer de locomotive. Le Mans Laval encore plus d'une heure et de nouveau 8 à 10 minutes d'arrêt, Laval Vitré encore une heure arrêt compris, Vitré Rennes pareil, Rennes Lamballe la dernière heure de notre trajet interminable.
Souvent on avait le droit de descendre du train pendant les arrêts pour se dégourdir les jambes avant de repartir pour l'étape suivante.
Bref : lorsque nous arrivions en gare de Lamballe, cela faisait plus de 7 heures que nous étions dans ce train, et les gamins commençaient à en avoir plutôt marre, même si à mi-chemin on avait sorti les sandwichs faits maison et le repas frugal que maman avait préparé pour couper le temps : il y avait des oeufs durs, souvent du poulet, des fruits et légumes, du fromage ... bref un vrai repas pris en commun comme la quasi totalité des autres voyageurs, sur les serviettes que maman avait prévu d'emporter.

Mais notre descente du train à Lamballe ne marquait pas encore la fin du voyage, loin s'en faut. Si les parents avaient les finances qui leur permettait on avait un taxi à nous attendre, sinon on embarquait dans un de ces autocars garés à attendre l'arrivée du train.
Le temps que tout le monde s'installe et que le chauffeur monte toutes les valises et les gros bagages sur le toit du car, c'était encore pas loin d'une demi-heure qui s'écoulait avant que la carcasse de ferraille s'ébranle enfin. Et nous voilà partis pour une nouvelle heure de bus qui desservait toutes les stations balnéaires et les lieu-dits importants : 'le poirier', 'le val andré', et enfin 'erquy', notre destination finale. Cela faisait plus de 9 heures que nous étions partis de la maison. Restait encore à charger les valises sur la brouette que le grand-père ou la grand-mère avait apporté pour nous attendre au car, et nous entamions le dernière étape : la montée vers la maison de la grand-mère, située sur les hauteur du bourg. Inutile de dire que tout le monde en avait marre et que même les parents étaient fatigués par cette expédition.
Arrivés enfin à destination finale, après avoir fait la bise à la grand-mère et avoir refait un petit tour de redécouverte des lieux, on prenait un diner rapide parce que tout le monde était fourbu de fatigue, on était rarement tard à rejoindre la chambre pour une bonne nuit réparatrice.

Eh oui : les trajets qui se font aujourd'hui en 4 ou 5 heures, en voiture confortable, avec toute liberté de s'arrêter quand on veut, demandaient une journée entière de contraintes à cette époque !


Dernière édition par Admin le Lun 26 Aoû - 13:08, édité 2 fois

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Facteur en solex

Message  Admin le Dim 7 Avr - 21:37

Bien avant ça j'avais commencé à travailler une dizaine d'années plus tôt. Mon premier boulot avait été en quelque sorte "coursier" à Paris pour une imprimerie : coursier ... en solex.
Il n'y avait pas grand monde dans les rues à cette époque : des bus à plate-forme (Renault), des taxis (quasiment que des G7 -compagnie de taxis de mon enfance- et beaucoup de Panhard PL et tractions Citroen) : il ne fallait pas beaucoup de temps pour traverser Paris du nord au sud ou d'est en ouest. Le plus casse-gueule étaient les rues pavées les jours de pluie, mais on s'habituait puisque c'était pratiquement la totalité des rues de la capitale à cette époque.

Une autre tranche de vie se situe quelques années plus tard : en province cette fois. j'habite alors une station balnéaire bretonne d'où mes parents étaient originaires, et au titre de quelques relations familiales j'avais obtenu un boulot de facteur pendant les mois d'été, quand la population locale se multipliait de beaucoup. Ayant une des tournées les plus longues et les plus escarpées on m'avait autorisé l'usage du solex, quand les facteurs habitués n'avaient encore que des vélos.
Après la séance de tri du courrier, dans la petite salle à l'arrière du bureau tous les matins à 6 heures, c'était le départ pour les boites aux lettres individuelles à travers les rues du bourg, puis les routes et chemins creux du pays de ferme en maison familiale et campings. Pas grand chose de particulier à en dire au quotidien : distribution du courrier, des journaux, cartes postales et aussi des colis et des mandats encore très fréquents à l'époque, notamment pour le paiement des pensions et retraites.
Par contre, arrivait inévitablement le début Août, avec ses montagnes de catalogues : tous les catalogues de vente par correspondances de l'époque, dont La Redoute, Les trois suisses, la Camif, et surtout "la bible" de quasiment tous les foyers : le catalogue Manufrance : tout le bonheur des chasseurs, pêcheurs, éleveurs, bricoleurs, etc, et tout pour l'équipement de la maison, ... bref des tonnes de pages d'outillages de toutes sortes, d'équipements de la maison, de vélos et mobylettes, d'accessoires pour l'automobile : une vrai bible.
Et pratiquement chaque foyer avait 'son' Manufrance sur la table de la cuisine ou en livre de chevet. Alors imaginez la tronche des vélos et du solex quand il fallait livrer plusieurs centaines de catalogues de plus de trois kilos en moyenne. Je pense qu'on peut estimer que chaque foyer devait recevoir 2 catalogues en moyenne. A raison de 2 à 3 kilos l'exemplaire vous faites le calcul des tonnages à livrer pour chaque facteur ayant plusieurs centaines de foyers sur sa tournée.
Et je vous rappelle que les boites aux lettres normalisées sont des inventions récentes : à l'époque les gens avaient de minables boites aux lettres avec une minuscule fente ... quand seulement ils avaient une boite à lettres ?
Alors inutile d'essayer d'imaginer mettre ces put*** de catalogues dans les fentes minuscules de ces trucs de tôles brinquebalants. Et ça voulait donc dire qu'on était quasiment obligés de s'arrêter à chaque maison, descendre du vélo ou solex, aller frapper à la porte pour livrer le(s) colis : bref : les tournées d'enfer qu'on appréhendait tous les ans aux mêmes époques (2 dans l'année).
Et c'est là qu'avec un pote de mon âge on s'était organisés pour ne pas y laisser notre santé et ne pas y passer 15 jours : on préférait faire nos tournées le plus vite possible et finir nos journées sur la plage à draguer les bikinis.
D'abord on faisait nos tournées 'normales' sans nous occuper des catalogues, sinon, quand on en avait chargé une quinzaine dans la sacoche, c'était fini et ça aurait duré 3 semaines à ce rythme là.
Et quand on avait terminé nos tournées normales, on repartait pour une tournée "spéciale catalogues", exclusivement.
D'abord il a fallu atteler une remorque au cul du solex, parce qu'il était impensable de charger plusieurs centaines de kilos de papier sur un porte bagage : le casse-gueule était assuré. Alors avec un bout de caoutchouc récupéré sur un pneu d'une carcasse de half-track de la guerre qui traînait dans un champ entre deux blockhaus, découpage d'une espèce de lanière en forme de 8 avec deux trous pour faire une sorte d'amortisseur, et voilà l'attelage sous la selle pour la poignée de la remorque. Dans la caisse de la carriole : chargement d'une cinquantaine de catalogues nominatifs mais tous identiques dans l'ordre de la tournée, et en route à deux pour aller plus vite.
On savait qu'il était inutile de s'arrêter pour essayer de les foutre dans les boites aux lettres : alors tant pis : on avait pris la décision de les distribuer sur les pas des portes pour pas perdre 4 ou 5 minutes à chaque adresse.
Une fois le chargement lancé (à deux : moi en solex et le pote sur la mobylette de son grand-père), on ne s'arrêtait même plus : l'un conduisait le chargement au ralenti, l'autre à côté piochait dans la carriole et balançait proprement le (ou les) catalogue sur le pas des portes. Et hop : en une petite heure on se faisait une petite cinquantaine de catalogues. Et retour à la poste et rechargement pour la continuité de la tournée : et en 4 ou 5 heures on avait fait les centaines de foyers qui auraient demandé plusieurs semaines autrement.
Et le pire : les gens étaient tellement contents d'avoir leurs catalogues plus vite que d'habitude qu'ils passaient à la poste dire leur satisfaction, alors que plusieurs jours plus tôt on se faisait engueuler par le receveur de poste pour avoir fait des tournées non réglementaires "qu'il ne faudra pas renouveler, hein, d'accord ?" ... et qu'on recommençait de la même manière l'année d'après, dans les mêmes conditions.
Et hop : quand on avait terminé "ma" tournée on partait faire celle du collègue - copain, puis celles des collègues facteurs habituels de la mêmes manière, et tout le monde était content.
D'accord : on y a juste laissé quelques pneus qui n'ont pas trop supporté les chargements transportés, mais bon : c'était le prix à payer pour pouvoir aller à la plage au lieu de faire des tournées d'enfer avec des chargements impossibles à gérer. Et c'était pas les quelques francs d'indemnité "d'usure de pneumatiques" de la poste (pardon des PTT ) qui remboursaient le prix des pneus ou le mélange !!!

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